Vérité (2020)

Michel Tombroff

Encyclopédie Britannica (23 volumes), percée d’un trou de part en part ; système audio jouant Infinis, de François Nicolas. Dimensions variables.

 

Une vérité n’est pas une parole divine ou mystique, ni le résultat d’un énoncé véridique ou d’un jugement correct : elle est une création dans le registre de la science, de la politique, de l’art ou de l’amour. Une vérité résulte du travail fidèle et militant de scientifiques, de rebelles révolutionnaires, de poètes ou de sujets amoureux à partir d’un événement imprévisible ; elle est universelle car elle vaut partout, et pour toujours ; elle est infinie dans son être, car tant que des sujets continueront de la questionner et de l’enrichir, sa multiplicité continuera de s’étendre au-delà de toute limite. On pourrait ainsi résumer, en quelques lignes, comment le philosophe Alain Badiou a entrepris de refondre la catégorie de vérité – catégorie qui avait été délaissée, destituée, voire niée par la pensée contemporaine.

Une vérité fait toujours trou dans le savoir car par définition son apparition ne pouvait pas être déduite des lois du monde où elle apparaît : le cubisme, la théorie de la relativité, ou l’amour que construisent deux amants suite à leur rencontre imprévisible, voilà des exemples de vérités.

Vérité ne représente pas une vérité, mais la structure d’une vérité, comme trou dans le savoir encyclopédique ; la musique de François Nicolas, Infinis, nous rappelle la nature infinie, jamais close, toujours en devenir d’une vérité.

Référence musicale : Infinis, François Nicolas (compositeur), Florence Millet (piano), Alain Damiens (clarinette), Jeanne-Marie Conquer (violon). Triton, 2008.

Prix: EUR 4.000 (TVA incl.) (socle inclu)

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